Sidra Vayelekh

«Moché alla s’adresser  à tout Israël, leur disant : «j’ai 120 ans aujourd’hui, je ne peux plus vous servir de guide; d’ailleurs Hachem m’a dit : Tu ne traverseras pas le Yardène.» Yéhochouâ sera ton guide, comme Hachem l’a déclaré.  Soyez forts et vaillants! Ne vous laissez effrayer ni intimider par les nations! Car Hachem, ton D. marche Lui-même avec toi; il ne te laissera pas succomber, il ne t’abandonnera point!»
La sidra de Vayélèkh , traite tout au début des derniers instants de la vie de Moché.
Il est facile d’imaginer que ce n’était nullement  pour dire des banalités. La Torah précise d’ailleurs que Moché «a adressé ces paroles à tout Israël.»
De plus, parce qu’il situe son intervention aux derniers instants de sa vie qu’elle prend toute sa valeur et sera prise au sérieux par tous. C’est aussi l’appel à la téchouva. à propos de laquelle le prophète  dit : «Reviens, Israël, jusqu’à Hachem, ton D…; car tu n’es tombé que par ton péché. Armez-vous de paroles [suppliantes] et revenez à Hachem !» Nous allons donc essayer de creuser cette notion qu’est la »Téchouva ».
Ainsi la réponse que la « Téchouva » apportée, n’est pas un sentiment de sérénité, de perfection ou d’accomplissement: la réponse est seulement une main tendue pour nous aider à poursuivre notre effort.
La « Téchouva » constitue une tentative pour changer le monde et tous les mondes, par le biais notamment de la transmutation du passé.
Pour une telle entreprise, il faut que l’homme sorte des limites ordinaires de son Moi.

La « Téchouva » exige davantage qu’une aspiration ou un désir; dans un certain sens elle passe par un certain sentiment de désespoir. C’est seulement ce sentiment et paradoxalement, la faute qui l’a engendré, qui peut permettre à l’homme de dépasser ses limites.

Il ne s’agit cependant là que du début du processus de la « Téchouva », et non encore de son achèvement que l’on appellera « Tikoun »: la réparation pleine et entière du passé!…

La « Téchouva » sera parfaite, le « Tikoun » pleinement réalisé, seulement lorsque la signification des actes accomplis jadis aura été radicalement modifiée.
Pour y parvenir, il faut d’abord procéder à un rééquilibrage fondamental.
Pour réparer tel ou tel élément de son passé, il faudra que l’homme qui fait « Téchouva » en fasse plus, dans ce domaine, que les autres hommes.

CHANGER LE MAL EN BIEN

Mais le sommet de la « Téchouva », son véritable accomplissement c’est bien davantage que de contrebalancer le mal par le bien: c’est corriger et réparer l’essence même de la faute jusqu’à parvenir en ce point où, selon le Talmud, « les fautes deviennent des mérites » (Yom.86b)
Et ceci peut être atteint, lorsque la conscience de la faute devient l’élément moteur d’une incomparable soif d’absolu.

Ainsi on aboutira à ce paradoxe qui est l’essence même de la « Téchouva »: du mal, va naître le bien. Plus l’homme était enfoncé dans le mal, plus grands seront désormais sa soif et son désir de bien.
À ce stade, la conscience du manque cesse de ruiner l’image que l’homme a de soi et d’amoindrir son énergie, elle le stimule au contraire et le pousse à s’élever!…
Le véritable « Tikoun » n’est atteint que dans la mesure où les fautes passées ne sont plus source de mépris pour soi-même, mais deviennent un facteur de stimulation!…

LA « TÉCHOUVA » :RETOUR ET RÉPONSE

Le sens premier de la « Téchouva » est l’idée de retour, retour à D… ou à la foi juive; ainsi que « se retourner », se détourner d’une orientation de vie pour en choisir une autre.
C’est le moment où l’on décide de changer le sens de sa vie, de renoncer aux objectifs que l’on a poursuivis jusque là pour s’orienter vers le désir de s’approcher d’Hachem.
Au terme de ce processus, on aura d’une part abandonné, rejeté le passé et, d’autre part, résolu et pris sur soi d’agir différemment dans l’avenir.

Le temps est apparemment linéaire et irréversible. La « Téchouva » implique cependant la possibilité de changer le passé: elle possède cette dimension exceptionnelle d’être au-delà du temps et de l’inexorable enchaînement des relations de cause à effet.
Au plan de la liberté, la « Téchouva » manifeste que l’homme peut se dégager à la fois de son passé et de la causalité, elle lui permet en effet de briser l’immuabilité du déterminisme.

Le mot « Téchouva » signifie également « réponse ». La « Téchouva » implique également l’espoir d’une réponse: on attend d’Hachem  qu’Il confirme que cette voie est vraiment la bonne.
Quand le « Baal Téchouva » aura médité et aura analysé le chemin qu’il a suivi, il saura alors qu’il est sur la bonne voie.

RÉVOLUTION   PERMANENTE

L’essence de la « Téchouva », n’est pas dans tel ou tel acte précis, isolé, mais dans le processus de l’espérance. Car il n’y a point de réponse permanente et définitive, la « Téchouva » est un processus graduel: ce n’est pas un acte ponctuel mais un processus
permanent.
Dans le judaïsme, la sérénité ou le sentiment de perfection ne sont guère perçus comme un idéal. Car dire « je suis arrivé », c’est déjà, en soi, nier toute possibilité d’aller plus loin.
En fait, l’homme qui est en train d’accomplir sa « Téchouva », perçoit tout au contraire, au fur et à mesure qu’il s’approche de Hachem, combien il en est réellement éloigné!

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